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lundi 13 février 2012

Site internet des guides aînées Europa Scout en décembre 2011

Aînée d'une grande famille chrétienne, jeune cheftaine de louveteaux au temps de la Deuxième Guerre Mondiale, Agnès grandit sous l'un des trois regards que propose la progression GA. Confiant à son père spirituel ses difficultés, ses faiblesses, elle cherche à progresser dans les voies de la sainteté, prenant régulièrement des résolutions dans ses carnets de notes.
Christophe Carichon dresse à travers les fragments des lettres d'Agnès et les témoignages des témoins de sa vie encore vivants, l'esquisse d'une belle personnalité.
Fille de France au temps de l'Occupation, pour elle, se lancer comme d'autres jeunes filles de son entourage dans la Résistance sur les pas de sa mère est une évidence. Consciente du danger qu'elle brave, elle ne s'acquitte pas moins de sa mission avec zèle. Arrêtée par la Gestapo, soumise à la torture, elle garde héroïquement le silence. Son parcours terrestre est bref car elle meurt à 22 ans dans un des derniers wagons qui part vers l'Est au moment où commence la libération de la France. Son rayonnement impressionne profondément les femmes qui l'assistent dans ses derniers instants.
Cette biographie révèle une deuxième personnalité d'exception, celle de Sabine de Nanteuil, jeune veuve et mère de 6 enfants, vivant modestement à Vannes, et rentrée en résistance contre l'occupant malgré sa charge de famille.
Elle a la douleur de perdre trois de ses enfants de mort violente. Gardant foi et courage dans ces terribles épreuves, elle élève les 5 enfants de sa fille. Ses carnets personnels nous donnent aussi les traits principaux d'une femme dont la vie exemplaire mériterait d'être connue.


  

jeudi 29 septembre 2011

L'association des anciennes, anciens et amis du scoutisme Angevin recommande la lecture d'Agnès de Nanteuil

Guide, cheftaine, résistante en Bretagne, elle meurt sur le  chemin de la déportation. Une promotion de Saint Cyrien porte son nom.  Une histoire passionnante, un livre remarquable aux Éditions Artège.

lundi 29 août 2011

Le site 123loisirs.com vous conseille la lecture d'Agnès de Nanteuil

Agnès de Nanteuil est la première femme a avoir donné son nom à une promotion d’élèves officiers. Aînée de six enfants, elle naît en 1922. A l’âge de quinze ans, lors d’une retraite spirituelle organisée par l’Institut catholique Adeline Désir, où elle est élève, Agnès est touchée et va écrire son parcours spirituel pendant les deux années qui suivent, y notant régulièrement « ses efforts, ses sacrifices, ses échecs, ses chutes, et ses victoires », avec en exergue « Tout pour les autres, rien pour moi. », « Pureté, simplicité, franchise ». Des déboires financiers joints à l’imminence de la guerre, contraignent la famille à quitter Paris pour s’installer dans le Morbihan, à Theix puis Vannes. Agnès évoque la vocation religieuse, et semblerait plutôt se tourner vers l’ordre des Petites Sœurs de l’Assomption quoique le désert l’attire également. Elle fait partie de la JECF (Jeunesse étudiante chrétienne féminine). Elle est également assistante d’une cheftaine de louveteaux dans le scoutisme clandestin interdit par l’occupation allemande. Bientôt, elle s’engage à la Croix Rouge. Puis, avec l’accord de sa mère, déjà entrée dans la résistance, Agnès devient agent de liaison. Elle ignore que ses jours sont comptés. Un témoignage, où la jeunesse est emplie d’idéal, où le courage et l’attention aux autres sont les moteurs de la vie. En effet, jusqu’au bout de sa courte vie, et encore en prison où son attitude exemplaire force l’admiration de ses compagnes, Agnès s’est fixée une ligne de conduite : s’oublier pour se donner aux autres. Un ouvrage facile à lire. Un livre à méditer.

vendredi 8 juillet 2011

Agnès de Nanteuil dans Lectures Françaises

Il vient de paraître la 2e édition d'un livre magnifique : Agnès de Nanteuil, 1922-1944. Une vie offerte, écrit par Christophe Carichon. Une très belle figure de résitance chrétienne au nazisme. L'émouvante biographie d'une jeune fille morte à 22 ans sur le chemin de la déportation.
Jérôme Seguin

mardi 28 juin 2011

Et pour les jeunes...dans La Nef

Le sentiment de fierté à 1'égard des racines chrétiennes de la France ne se décrète pas ! II se transmet et s'alimente par 1'évocation de belles figures du passé. Celle d'Agnés de Nanteuil, morte à 22 ans en 1944 sur les rails de la déportation, en est une magnifique ! Ravissante jeune fille engagée aux côtés de sa famille dans la Résistance bretonne, elle puise sa force dans l'education catholique reçue et vécue notamment dans le scoutisme. Energique et brave, elle affronte l'Occupation sans perdre sa joie de vivre et son dynamisme. En biographe ri-goureux, Christophe Carichon fait revivre celle qui a laissé un souvenir puissant dans la mémoire de tous ceux qui ont croisé sa route. Un témoignage qui illustre bien le contexte historique et social de 1'époque. Voilà qui devrait faire vibrer les cœurs à partir de 14 ans et sans limite d'âge !
Valérie d'Aubigny

1922-1944: L'engagement d'une humaniste - La Manche Libre

La Barre de Nanteuil : de ses aïeux elle porte le nom, de ses parents elle a gardé les idées, de sa foi elle a tiré le sens de l'engagement.
Agnès avait tout pour se laisser porter sur le chemin que semblait devoir lui ouvrir son nom dans les salons de la bonne société parisienne. C’était compter sans sa "conversion" à un christianisme engagé, et sans les mauvaises affaires de son père, qui ont conduit la famille à une installation plus modeste dans la campagne vannetaise.
Quand survient la guerre, son caractère et son credo humaniste chrétien lui font refuser la capitulation. Résistante, elle tient bon sous la torture, et meurt de ses blessures en gare de Paray-le-Monial, lors d'un transfert en train, avec sur les lèvres d'admirables paroles de foi.
Vannes honore sa mémoire. II était juste de lui donner un écho moins restreint.

mardi 21 juin 2011

Agent de liaison - Les chemins de la mémoire

Ce livre retrace le destin tragique d’Agnès de Nanteuil, agent de liaison dans un réseau de la résistance du Morbihan. Arrêtée, torturée, elle meurt à 22 ans, le 13 août 1944, dans le train qui l’emmenait vers les camps de concentration. Elle est la seule femme à avoir donné son nom à une promotion d’élèves officiers.

Jean Mercier nous parle d'Agnès de Nanteuil - La Vie

Elle avait un nom digne d’un roman d’aventure. Sa vie n’a duré que 22 ans, jusqu’à ce jour d’août 1944, où, au bout d’une terrible agonie, elle prit fin dans un wagon plombé en partance pour l’enfer des camps. Entrée en résistance autant par amour de la France que par fidélité à Dieu, la jeune agent de liaison ne parla pas sous la torture et resta joyeuse jusqu’au bout. Dans ce livre, qui se lit d’une traite, l’historien Christophe Carichon retrace une trajectoire exemplaire et nous fait entrer dans la cohérence d’une famille exceptionnelle – on retiendra la figure de la mère d’Agnès, Sabine. Il désigne aussi la grammaire élémentaire qui prélude à la sainteté : l’enracinement dans la prière et les sacrements, le courage et le don de soi.
Jean Mercier

Agnès de Nanteuil dans Chrétiens en Morbihan

Le père Pierre Danet attire notre attention sur la parution d’un livre consacré à une jeune résistante vannetaise de 22 ans, ancienne Guide de France et cheftaine de Guides de France. Il nous explique son histoire grâce au témoignage de son amie Marie Van Belle, âgée aujourd’hui de 93 ans, et qui habite toujours la région vannetaise.

            Agnès s’est livrée et à été arrêtée par la gestapo alors qu’elle sortait de la messe du Carmel en compagnie de son amie Marie. Elle habitait au croisement de la rue de la Loi et d’une des 2 routes d’Arradon. Voyant les autos de la gestapo devant sa maison, elle dit à Marie qu’elle allait se livrer pour éviter tout ennui à sa famille, et lui demande d’en informer le Commandant de gendarmerie de Vannes, chef du réseau de la résistance. Elle garderait le silence au moins les trois premiers jours afin de permettre à tous les résistants de se garantir devant ses éventuelles faiblesses, consciente de ce qu’elle allait subir et de ses risques de ne pouvoir faire face à la torture.
            Prisonnière à Vannes, et gardant ses secrets malgré la torture, elle partit en déportation dans le dernier train de Rennes, en août 1944. Blessée par l’un de ses geôliers en gare de Langeais, elle décéda une semaine plus tard des suites de cette blessures et d’une péritonite, à Paray le Monial, le 13 août 44.
            La 1ère compagnie des Guides de France de Vannes portait son nom. Une allée fait mémoire de la jeune femme dans le jardin de la Garenne, et il existe une rue Agnès de la Barre de Nanteuil dans les nouveaux lotissements à l’Est de la ville. Agnès était née le 17 septembre 1922 et avait enseigné pendant quelques années à l’Ecole des Sœurs de la Retraite du Mené en plein centre ville.
            Ce livre est tour à tour une biographie historique et spirituelle. L’auteur publie de larges extraits d’écrits inédits d’Agnès de Nanteuil qui donnent à l’ouvrage toute sa force et son authenticité.

Père Pierre Danet
Ancien aumônier de la 1ère compagnie des Guides de France de Vannes.

Agnès de Nanteuil (1922-1944) : une vie offerte - Armor Magazine

Historien et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique de l’Université de Brest, Christophe Carichon propose une biographie dynamique d’une femme qui, 70 ans après sa mort, reste un symbole et un exemple pour tout ceux qui refusent les défaites et se donnent humblement pour leur prochain : Agnès de la Barre de Nanteuil, née dans une famille de vieille noblesse, passe sa jeunesse à Paris et en Bretagne, s’investit dans les mouvements de jeunes et l’Action catholique, s’engage dans la Résistance… Un récit qui ne laisse pas insensible.

Une héroïne sortie de l’ombre - Le courrier de l'Ouest

Christophe Carichon, professeur d’histoire-géo au lycée Jean-Bodin, consacre un livre émouvant à Agnès de Nanteuil, résistante méconnue morte à 22 ans.

Que reste-t-il d’Agnès de Nanteuil aujourd’hui ? Le nom de baptême de la 26e promotion d’élèves officiers de Coëtquidan, en 2002 ; et le souvenir d’un être lumineux pour ceux – ils sont de moins en moins nombreux – qui ont croisé le chemin de cette femme pas comme les autres. Née en 1922, morte en 1944, Agnès de Nanteuil appartenait à cette « armée des ombres » immortalisée par Joseph Kessel dans son magistral roman porté à l’écran par Jean-Pierre Melville avec Lino Ventura, Paul Meurisse et Simone Signoret.
Élevée en Bretagne dans une famille catholique et patriote, Agnès de Nanteuil s’est sentie, très tôt, portée par le besoin de servir les autres et de faire le bien autour de soi. Suivant l’exemple de sa mère, elle s’est donc naturellement engagée dans le combat contre l’occupant allemand. Pas dans le rôle d’un chef de réseau ni dans celui d’une espionne au charme vénéneux, mais dans celui, plus modeste mais tout aussi essentiel, d’un agent de liaison. Comme tous ceux qui parcouraient des kilomètres et franchissaient des barrages pour transmettre, au péril de leur vie, des messages dissimulés dans le cadre de leur bicyclette.
On sait aujourd’hui que l’espérance de vie de ces sans-grades de la guerre clandestine est allée décroissant au fil des années jusqu’à n’être plus que de quelques semaines dans les tout derniers temps de l’Occupation. Agnès de Nanteuil n’a pas échappée à cette impitoyable statistique. Dénoncée, arrêtée et torturée, elle a ensuite été déportée par le dernier convoi parti de Rennes, au début d’août 1944. Mais, blessée pendant le trajet, elle est morte après une longue agonie à Paray-le-Monial, le 13 août.

Agent de liaison
Le récit de ses derniers jours constitue la partie la plus forte et la plus émouvante du livre que Christophe Carichon, professeur d’histoire et géographie au lycée Jean Bodin, consacre à cette « vie offerte ». Quasiment heure après heure, il fait revivre l’effroyable voyage dans un wagon à bestiaux, où Agnès suscita jusqu’au bout par son courage et son entrain l’admiration de ses compagnes d’infortune, malgré la souffrance, la chaleur, la faim, la soif et la promiscuité.
« Ce qui m’a séduit, c’est sa simplicité, son don de soi complet. C’est une jeune fille qui ne laisse pas indifférent » explique l’enseignant, auteur par ailleurs d’une thèse de doctorat sur les scouts et les guides en Bretagne.
Parmi les personnes qui l’ont aidé à retracer le court mais exceptionnel destin d’Agnès de Nanteuil, Christophe Carichon se souvient particulièrement d’Armelle de la Motte. « C’est elle qui a pris la suite d’Agnès dans la résistance ; elle a de la famille à Angers ».
   
Jean-Charles STASI

Une résistante - Le Figaro Magazine

Jeune résistante, Agnès de Nanteuil appartient à cette catégorie de personnalités lumineuses qui ont traversé la Seconde Guerre mondiale. Née en 1922, au sein d’une famille aristocratique normande, liée également à l’illustre famille Cochin, Agnès a grandi dans un univers marqué par une foi catholique profonde, associée à des convictions monarchistes. Si son enfance fut plutôt capricieuse, elle parvient à devenir maîtresse d’elle-même, grâce notamment au scoutisme. En 1940, sa famille refuse la défaite et Agnès plonge dans la résistance active, en devenant agent de liaison. Début 1944, elle est arrêtée par la Gestapo. Interrogée, torturée, elle ne parle pas. Déportée en raison de l’avance des Alliées, elle meurt à Paray-le-Monial le 13 août 1944. Dans un récit qui restitue le climat de l’époque, Christophe Carichon révèle la figure éclatante de la première femme à avoir donné son nom à une promotion d’élèves officiers d’une des trois écoles de Saint-Cyr Coëtquidan.

Philippe MAXENCE

lundi 20 juin 2011

La biographie : Une vie offerte - L'Homme Nouveau

Non, les jeunes communistes ne furent pas les seuls à entrer dans la résistance et à mourir face à l’Occupant pendant la seconde guerre mondiale, comme voudrait à nouveau nous le faire croire la lecture de certains textes imposés d’en haut. La lumineuse vie « offerte » d’Agnès de Nanteuil, si puissamment évoquée par Christophe Carichon, en est une preuve éclatante. Issue d’une famille profondément catholique et monarchiste, Agnès de Nanteuil a grandi au rythme d’une éducation chrétienne faite de maîtrise de soi et de vie de prière. Le scoutisme constitue pour elle une puissante matrice qui l’aide à devenir une adulte qui saura faire face aux difficultés. L’effondrement de la France et l’Occupation lui offrent la possibilité de servir jusqu’au bout. Agent de liaison, arrêtée et torturée, héroïquement silencieuse, elle meurt dans la ville du Sacré-Cœur alors que son convoi y est arrêté. Christophe Carichon révèle par cette biographie une jeune fille au cœur pur et à l’âme droite. À lire !

Stéphen Vallet

Le destin d’une femme d’exception - Le Journal des Propriétaires de la baie de Quiberon

Héroïne de la Résistance, Agnès de Nanteuil (1922-1944) était un peu oubliée. Jusqu’à ce que, le 8 novembre 2002, l’école de formation des officiers de Coëtquidan ait choisi de prendre son nom pour sa 26e promotion. La cérémonie a eu lieu en présence de son frère Benoît et de sa sœur Blandine. Aujourd’hui, c’est au tour de cet ouvrage, écrit par l’universitaire brestois et historien Christophe Carichon de retracer la courte vie de cette femme, née dans une famille de vieille noblesse, qui passa son enfance entre Paris et la Bretagne, investie dans les mouvements de jeunes et l’Action catholique. Agent de liaison dans la Résistance, notamment dans le Morbihan, elle fut dénoncée et arrêtée à Vannes, puis torturée et déportée par le dernier convoi de Rennes, où elle mourra des suites de ses blessures. Le récit poignant de cet itinéraire est construit à partir du témoignage direct de ceux qui l’on connue et d’extraits d’écrits inédits. Le récit d’un modèle de courage pour une jeunesse déboussolée, qui s’enflamme trop souvent pour les causes les plus futiles.

Féminisme : Agnès de Nanteuil versus Lucie Aubrac - Monde et vie

            La biographie que Christophe Carichon nous offre de la jeune résistante bretonne Agnès de Nanteuil est à faire lire aux adolescents, car elle bouscule les équations faciles qu’en matière d’Histoire de France on leur impose doctement.
            Il y aurait donc d’autres exemples que Lucie Aubrac de figures féminines de la résistance ? Mais celle-là, autant le dire tout de suite, aucune école ne porte son nom. Il faut dire qu’elle n’est pas passionnante : elle est irrécupérable par les féministes et n’est même pas communiste.
            Agnès de Nanteuil est née en 1922. Elle avait donc treize ans de moins que Simone de Beauvoir et sept ans de plus qu’Yvette Roudy.
            Sauf que si Yvette et Simone l’avaient croisée, elles l’auraient trouvée à coup sûr tout à fait culcul, terriblement « catho coincée ». Pas leur genre du tout. L’archétype, même, de la jeune fille rangée que Simone refusait d’être.
            Il faut dire qu’Agnès était une jolie fille toute simple, très pieuse, (elle a même pensé un moment entrer au couvent), engagée dans le scoutisme, aînée d’une fratrie turbulente de six enfants élevée dans la joie, la foi chrétienne et le sens du sacrifice… Beurk. De quoi donner la nausée, on s’en doute, à la compagne de Jean-Paul Sartre.
            Sauf que les deux féministes Yvette et Simone, elles, auront pu vieillir douillettement comme deux douairières au coin du feu, tandis que la très féminine Agnès de Nanteuil est morte en 1944 « comme un homme », abattue durant sa déportation, alors qu’elle avait été faite prisonnière par les Allemands pour acte de résistance (elle était agent de liaison). En 2002, elle a même rejoint le cercle fermé, viril s’il en est, de ceux qui ont donné leur nom à une promotion d’élèves officiers à Coëtquidan.
                                                          
                                                                                                                       Gabrielle Cluzel

Chroniques historiques dans le Bulletin de littérature Ecclésiastique de l’Institut Catholique de Toulouse - ICT

Agnès de la Barre de Nanteuil (1922-1944) s’engage pendant la IIe Guerre mondiale comme agent de liaison dans la résistance. Dénoncée, arrêtée, torturée, elle est déportée et meurt à Paray-le-Monial d’une blessure reçue dans le trajet. Avant d’être une héroïne de la résistance, Agnès est une jeune française catholique, issue d’une lignée aristocratique, militaire, monarchique du côté paternel, catholique et libéral, au service de l’Etat du côté maternel. La courte existence d’Agnès témoigne d’une vie déjà donnée à Dieu et aux autres dans le guidisme et le jécisme (JECF), la catéchèse d’enfants de milieux défavorisés, engagements qui la préparent à entrer dans la Résistance. Gérard Cholvy, souligne dans la préface : « une fois encore est vérifiée l’adhésion à la France Libre de nombreux membres de l’aristocratie française » (p.10).
Christophe Carichon, historien, auteur d’une thèse sur le scoutisme en Bretagne, lui consacre un livre clair, de lecture aisée, qui restitue bien Agnès dans l’histoire de son époque et analyse finement sa personnalité. Des notes discrètes et suffisantes donnent les précisions utiles sur les sources et les personnages cités.
Aînée d’une fratrie de six, Agnès est une enfant généreuse mais difficile, impulsive, révoltée, batailleuse, un chef de bande plutôt qu’une petite fille modèle, « un volcan », dit un témoin. À quatorze ans, une retraite est l’occasion d’une conversion ; Agnès, « avide d’absolu » (p.62), commence à tenir un journal spirituel. On y lit la devise qu’elle se choisit : « Tout pour les autres, rien pour moi » (p.47). Elle s’efforce de maîtriser son caractère. Ses modèles : le Christ souffrant, Thérèse de Lisieux, Elisabeth de la Trinité. Une vocation religieuse missionnaire se dessine en 1938.
La défaite et l’occupation sont pour les parents d’Agnès "un châtiment divin"  (p.86) ; ils font confiance au Maréchal en 1940 et croient à une entente secrète avec de Gaulle. Les accords de Montoire les révoltent, ils se tournent désormais vers la France Libre. Patriote, Agnès est aussi meurtrie par la défaite. En zone Nord, les mouvements scouts sont interdits ; Agnès devient cheftaine de louveteaux dans la clandestinité. Elle s’engage dans la Croix-Rouge comme secouriste. Son entrée dans la résistance en 1943, dans le réseau Libé-Nord auquel participe sa mère, ne résulte pas d’une analyse politique, mais du désire de continuer à servir : Dieu, son pays, son prochain, les aviateurs alliés qu’il faut récupérer et exfiltrer… En mars 44, Agnès a rang de sous-lieutenant au 2e bureau de la résistance chargé de collecter des renseignements et de l’espionnage. Elle est arrêtée le 14 mars, brutalement interrogée par la Gestapo, puis incarcérée à Rennes, avec sa sœur Catherine. Les Allemands évacuent les prisonniers avant la libération de la ville le 4 août. Le 6 août, au cours d’une attaque aérienne contre le train qui emmène les prisonniers, Agnès est blessée par un soldat allemand. Elle meurt le 10 août, « calmement, héroïquement, son visage illuminé » rapporte une de ses compagnes (p.163). Plusieurs décorations militaires octroyées à titre posthume rendent hommage à son sacrifice. «  Agnès fait figure d’icône, non seulement dans sa famille, mais aussi chez les anciens de la Résistance bretonne, dans le scoutisme et chez les Vannetais », conclut l’auteur dans un dernier chapitre historiographique sur la « postérité » d’Agnès de Nanteuil. « Son beau nom ancien, son éducation, sa beauté, sa grâce et sa distinction, son élévation spirituelle, sa richesse d’âme, son courage dans les épreuves (…) sa fin tragique ont construit une légende autour d’elle » (p.187-188).

Jean-François GALINIER-PALLEROLA

lundi 6 juin 2011

L’intrépide mademoiselle de Nanteuil - Le Figaro Littéraire

Résistance  Une biographie intimiste restitue le destin d’une jeune fille de bonne famille devenue une héroïne du réseau Libé-Nord en Bretagne.

            On oublie trop souvent la partie chevaleresque qu’ont jouée les héritiers d’une vieille tradition aristocratique, chrétienne et militaire française sous l’Occupation. Voyez Agnès de La Barre de Nanteuil, jeune fille de bonne famille née à Paris en 1922, engagée dans la résistance bretonne à Vannes au printemps 1943, dénoncée, arrêtée le 13 mars 1944, torturée, morte cinq mois plus tard à Paray-le-Monial au cours de son transfert vers l’Allemagne. Pendant une courte année, l’intrépide Mlle de Nanteuil, ancienne guide de France et cheftaine de la meute de louveteaux de la 2e Vannes, a servi comme agent de liaison du réseau Libé-Nord, fondé dans le Morbihan par Maurice Marchais, qui avait été révoqué de ses fonctions de maire de Vannes en février 1941 pour avoir publiquement traité le maréchal Pétain de « vieille ganache ».   
            Dans la biographie intimiste qu’il consacre à cette héroïne au regard si doux, Christophe Carichon rappelle que Maurice Marchais, ancien député de la Gauche radicale, et les La Barre de Nanteuil, famille de tradition royaliste, ont spontanément éprouvé la même aversion pour la collaboration de la France à la construction de l’Europe nouvelle. Adversaires probables à l’époque du Front populaire, ils se sont retrouvés pour libérer la belle prisonnière des soldats. Le réseau Libé-Nord était pourtant dominé par les socialistes de la SFIO. Mais à aucun moment Agnès et les siens n’ont été tentés de jouer les émigrés de l’intérieur, en renvoyant dos à dos les Allemands et les Anglais, tel Charles Maurras fustigeant « le clan des ja et me clan des yes ».

Sous la torture
À Vannes, leur petit groupe a participé à l’exfiltration vers l’Angleterre d’aviateurs abattus au-dessus du Morbihan ; entre vingt et trente entre septembre 1943 et mars 1944. À cette date, Agnès fut arrêtée après avoir été donnée par un agent du 2e Bureau qui avait parlé sous la torture. Déportée dans le dernier convoi parti de Rennes, elle fut grièvement blessée durant le voyage en raison d’un mouvement de panique des soldats allemands à la gare de Saint-Pierre-des-Corps. Remontée à bord d’un wagon en route vers l’Est, il lui resta alors à montrer à ses compagnons d’infortune comment une chrétienne sait mourir.   

Article de Sébastien LAPAQUE